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Vendredi 14 Avril 2006



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Le problème de la dette de l’agriculture corse
Des chiffres pris sur différents sites officiels montrent le problème récurrent de l’agriculture Corse dont l'avenir semble passer par une redéfinition de l'agriculture insulaire 
1-Que pèse l’agriculture dans l’économie Corse ?

Le secteur agricole occupe aujourd'hui une place réduite dans l'économie insulaire : représentant environ 2% du PIB de l'île et 3,6% de la population active, il génère un chiffre d'affaires annuel de 230 millions d'euros.
Entre 1988 et 2000, la Corse a perdu 30% de ses exploitations agricoles, ce qui est conforme à la tendance nationale.
La taille des exploitations agricoles corses est inférieure d'un tiers environ à la moyenne nationale. Ce déficit de taille entraîne des problèmes de rentabilité car les prix à la production du secteur agricole ne cessent de baisser alors que les coûts d’exploitation augmentent.

2-L’endettement et sa décomposition

Le taux d’endettement global (toutes productions confondues) s’élève à 43% en Corse alors qu’il est à 35 au niveau national. C'est-à-dire que l’endettement représente 124 % du chiffre d’affaire (87% au niveau national)
La décomposition de la dette de l’agriculture corse est la suivante :
200 millions d’euros de dettes bancaires
60 millions d’euros de dettes sociales
9,4 millions d’euros de dettes envers l’office d’équipement hydraulique de Corse.

3-le problème de la dette

Que cela soit Glavany ministre de l’agriculture sous Jospin ou Sarkosy, les plans d’aide pour apurer la dette ne semble pas donner grand-chose. Glavany a pondu une mesure à laquelle 58 exploitants pouvaient prétendre et 177 personnes pouvaient potentiellement prétendre (sur 3600 unités de production !). Autant le dire, une goutte d’eau dans l’océan.

On peut aussi tout simplement supprimer la dette avec une gomme mais est ce que cela va résoudre les trois problèmes fondamentaux de l’agriculture corse :

Faible rentabilité des exploitations, en raison de leur taille, des coûts de production (déficit fourrager, surcoût engendré par l'insularité...) et des problèmes de gestion, largement imputables au manque de professionnalisme et de formation

Situation foncière complexe : l'indivision rend l'accès au foncier difficile

Vieillissement préoccupant de la population agricole : la part des moins de 35 ans n'atteint plus que 12% en 2002. L'âge moyen s'élève désormais à 50 ans

Il ne sert à rien de faire des plans de relance si c’est pour ne pas régler les problèmes de fond et faire faire du yo-yo à la dette des agriculteurs corses.
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Jeudi 13 Avril 2006

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l'agriculture corse et son potentiel
Entre endettement et effacement de la dette, l’agriculture corse se perd en ne trouvant pas son chemin… 
Dans son histoire, l’homme a cultivé pour survivre. Il produisait ce dont il avait besoin (enfin essayait de le faire entre les guerres, les caprices climatiques).
Il pouvait même espérer faire du truc s’il produisait bien. Mais les temps ont bien changé. Maintenant, on doit produire dans le but de gagner de l’argent afin d’acheter au moins ce dont on a besoin. Et puis, l’offre est devenue supérieure à la demande. Enfin dans nos pays..
On a vu que notre agriculture, l’agriculture corse, souffre, il y a bien sûr les problèmes liés à l’exportation de notre production. Il y a aussi les problèmes historiques liés à la taxation de notre production que nous voulions exporter sur le continent.
Enfin le résultat est aujourd’hui l’agriculture corse connaît des difficultés. D’ailleurs les importations représentent 90% des parts de marché en Corse. D’ailleurs, la dette des agriculteurs corse en témoigne.
La question est : est ce que l’agriculture telle qu’on la définissait est un vecteur de développement économique pour la Corse ?
Autrement dit, les exploitations de petites tailles corses peuvent elle rivaliser avec des exploitations gigantesques d’autres pays ? La réponse semble évidente : non.
Il ne faut plus produire ce que l’on peut trouver ailleurs (surtout lorsque la qualité est presque identique). D’autant plus que les prix ne cessent de baisser. Or, lorsque vous avez une petite exploitation et que vous produisez à la mesure de cette exploitation si les prix baissent trop vous ne pouvez que vous endettez pour vivre!
En revanche si nous donnons une valeur ajoutée à la production, un savoir faire (comme pour le vin aoc corse) nous pouvons faire quelque chose d’intéressant.
Le vin corse, le miel corse, la charcuterie corse dont un aoc est en cours de création voila autant de domaine dont le savoir faire pour transformé une production de base peut faire la différence avec des concurrents. Bien entendu, la liste peut s’allonger.
Mais je ne vois pas comment le pomelo corse ou l’orange corse ou le kiwi corse peuvent gagner des parts de marché. Oui, ils sont meilleurs sans aucun doute. Mais, tous les consommateurs ne sont pas des fins gourmets. Et là différence de prix en notre défaveur ne peut justifier la différence de qualité.
Il serait sans doute bon de créer des aoc et de valoriser un savoir faire corse.
Le problème c’est que pour orienter notre agriculture, il faudrait accepter de soutenir ceux qui suivent les changements et ne plus aider ceux qui s’y refuseraient.
Or, y a-t-il un élu corse qui serait capable de prendre un tel risque électoral ? Et si toutefois il le prenait, ne serait il pas condamner à perdre ?
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